À l’école de la totale dépendance

Arrêtons-nous à ce qu’enseigne cette école. Les professeurs de l’endroit n’ont pas nécessairement les plus hautes qualifications académiques et, sans s’en douter, elles donnent un enseignement d’une qualité supérieure, un enseignement de disciple du Maître.

Avec un abandon total, une patience remarquable, elles acceptent la vie au quotidien, tellement paisiblement qu’il semble que rien n’arrive à les contrarier… Que la levée du corps soit à 6 hres, 7 hres ou 8 hres, tout est bien. Que le petit déjeuner soit servi plus tôt ou à une heure tardive, aucune différence… Que la soupe soit assez salée ou pas assez salée, chaude ou pas assez chaude, même acquiescement. Que l’on désire manger un bel œuf, et que l’on reçoive une bonne saucisse dans son assiette. Mangeons la saucisse sans mot dire. Qu’il y ait du bruit autour de la chambre, quand on désire le silence, le calme pour un peu de repos, accepté sans regimber…

infirmerie 1Même le goût d’aller à la chapelle pour adorer Jésus, n’est satisfait qu’à l’heure ou quelqu’une puisse pousser le fauteuil roulant. Accepté paisiblement. Et le goût d’aller respirer l’air frais est-il désiré, exprimé? Encore faut-il attendre la personne disponible ou l’heure favorable. Ni impatience, ni regret manifesté, mais c’est comme si l’acceptation paisible était partie prenante de la vie de ces professeures anonymes. Tout ceci se déroule paisiblement jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année.

infirmerie 1Mais qui sont ces professeures anonymes? Les avez-vous reconnues? Eh oui! Nos chères malades de l’infirmerie. Qui peut évaluer l’accumulation du trésor de grâces réalisé au bénéfice de l’Institut, de notre monde?

Il est à noter que cette vie de haut calibre se déroule en harmonie avec le service très bien organisé de l’infirmerie. Bravo aux infirmières souriantes, dévouées et d’une attention marquée pour chacune des malades.

L’École est ouverte à tout le monde, les frais de scolarité réduits à leur plus bas niveau. Je peux affirmer que faire l’expérience de cette vie a son pesant d’or.

Gertrude Clark, f.m.m.

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© novembre 2008